Livre : Aux pays des merveilles, André Pratte

L’essai d’André Pratte, éditorialiste en chef à La Presse, est un plaidoyer pour que les Québécois renouent avec la réalité politique du Québec, à savoir qu’il fait partie d’une entité fédérale qui s’appelle le Canada, que ses intérêts y sont très bien servis et qu’il est rigoureusement inexact d’affirmer que tout irait pour le mieux dans un Québec souverain.

Pratte expose au grand jour la dynamique malsaine dûe à l’amnésie sélective et au misérabilisme des leaders québécois qui les désavantagent tant dans leur relation avec Ottawa :

Les Québécois, fédéralistes comme souverainistes, ne se questionnent guère sur le bien-fondé et sur le sens de leurs exigences relatives au fédéralisme canadien. Ils sont tellement habitués à être demandeurs qu’ils ont l’impression de n’avoir rien obtenu au fil des décennies. Et pourtant le bilan à cet égard est fort positif. Si le Québec revendique toujours quelque chose du Canada, ce n’est pas qu’il n’a jamais gain de cause; c’est plutôt que, dès qu’une victoire est enregistrée, nos représentants passent à une nouvelle exigence. Dans le grand livre des gains et pertes que tiennent les leaders politiques québécois, les requêtes satisfaites ne sont jamais consignées dans la colonne des actifs; elles sont tout simplement effacées. Ne restent donc que les échecs, soigneusement compilés, soulignés en rouge, et les demandes restées en plan.
p. 15

L’auteur démolit les mythes que les péquistes ont entretenus au sujet du paradis que ce serait un Québec souverain. Il démontre comment leur discours s’est adapté au fur et à mesure que le gouvernement fédéral acceptait les compromis demandés par le Québec.

Pratte rappelle que des leaders québécois comme Louis-Hippolyte Lafontaine et Georges-Étienne Cartier, des gens accusés d’avoir couché avec l’ennemi par les souverainistes, ont pourtant accompli infiniment plus pour l’avancement du Québec que les prima donna qui disaient représenter le mieux les intérêts des Québécois et ont pourtant claqué la porte quand il s’agissait justement de négocier pour faire avancer notre cause : les Papineau, Henri Bourassa, Lévesque et Bouchard. Aujourd’hui, lesquels de ces leaders avons-nous retenu comme héros ? Ceux qui ont claqué la porte. Cette triste constatation mériterait à elle seule une étude appronfondie.

Pratte rappelle aussi comment, lors de la « nuits des longs couteaux », c’est l’équipe de Lévesque qui s’est retirée des négociations la dernière nuit, quittant Ottawa et s’en allant plutôt fêter (quoi au juste?), de l’autre côté de la rivière à l’Auberge de la Chaudière, pendant que les délégations des autres provinces ont continué à travailler. Cela survenait après qu’en 1964 Jean Lesage ait été incapable de faire approuver au Québec la formule Fulton-Favreau et qu’en 1971 Robert Bourassa connaisse le même insuccès vis-à-vis de la charte de Victoria, malgré le fait qu’à chaque fois notre leader québécois ait donné son accord de principe aux autres premiers ministres. Depuis, Bouchard a balayé du revers de la main la déclaration de Calgary en 1997, qui tentait de relancer les discussions après l’échec de Meech.

La vérité que présente Pratte, et qui correspond à ma perception des choses, est que le Québec y trouve résolument son compte dans le Canada. Que ce soit par les versements de la péréquation ou la contribution importante du fédéral dans des dossiers comme le régime de retraite, l’immigration, la formation de la main-d’oeuvre, les congés parentaux, les services de garde, les infrastructures, l’éducation, le Québec tire du fédéralisme canadien des avantages réels.

Pratte enjoint les fédéralistes québécois à s’exprimer haut et fort pour contrer la propagande souverainiste qui performe admirablement bien au Québec. Ça n’est pas un travail facile. Les souverainistes peuvent compter sur des gens convaincus et un projet qui, à défaut d’être réaliste, est séduisant. Comme le dit Tocqueville :

Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie mais complexe.

Pratte condamne aussi les illusionnistes fédéraux qui peignent le Canada comme un pays idyllique, « le plus meilleur pays du monde », ces mythes causant autant de tort que ceux des souverainistes.

La stratégie que propose Pratte, un homme qui a voté OUI aux deux référendums et qui demeure résolument en faveur d’un Québec fort, rejoint totalement la mienne :

Les Québécois doivent continuer à pousser dans cette direction — pousser de l’intérieur — plutôt que de braquer à nouveau le reste du pays par une menace de sécession.

Lectures / Readings, Québec, Français
Luc Faubert at 10:58 am on Samedi, avril 7, 2007 —

MANAS is available on the Web!

I’ve just discovered that the “famous” MANAS journal published weekly by Henry Geiger between January 7, 1948 and December 28, 1888 is available online! My friend Gérald Lefebvre introduced the young and curious reader I was in 1987 to MANAS. MANAS issues came as a breath of fresh air whipping my brain every week for a little more than a year, until Geiger’s death put an end to its publication. Luckily, I had access to many years of past issues through my friend Gérald’s collection.

MANAS was a great journal, known to only a few. Its subscriber base was only 2000-3000 strong, but quite influential, with people like Caryl Chessman, Marc Chagall, Henry Miller, E. F. Schumacher, Carl Rogers, Abraham Maslow, Wendell Berry, John Holt and Theodore Roszak, who all also contributed a paper here and there.

The purpose of MANAS as stated in each issue was:

MANAS is a journal of independent inquiry, concerned with the study of the principles which move world society on its present course, and with searching for contrasting principles- that may be capable of supporting intelligent idealism under the conditions of the twentieth century. MANAS is concerned, therefore, with philosophy and with practical psychology, in as direct and simple a manner as the editors and contributors can write. The word “manas” comes from a common root suggesting “man” or “the thinker.” Editorial articles are unsigned, since MANAS wishes to present ideas and viewpoints, not personalities.

The people responsible for publishing MANAS on the Web are from the E. F. Schumacher Society and they have done a great job. The archives are searchable and a very thorough index is also available.

This archive is really worth spending some time on. Visit it and bask in Geiger’s ideas and pantheon with people like Plato, Gautama Buddha, Lao Tse, Gandhi, Tom Paine, Emerson, Pico della Mirandola, Simone Weil, Jose Ortega y Gassett, Abraham Maslow, Hannah Arendt, Thoreau, and a host of others.

An unforgettable journey, and one of what Wendy Grossman calls “pockets of insane brilliance”.

Lectures / Readings, English
Luc Faubert at 9:32 am on Samedi, mars 24, 2007 —

Livre : Bien commun recherché, Françoise David

De manière générale, j’aime mieux parler des livres que j’ai aimés que des autres. Mais il y a parfois de mauvais livres dont je juge important de parler pour calmer ma conscience et ne pas laisser les gens dire impunément n’importe quoi. Il en est ainsi de ce livre de Françoise David.

Ce qui me frappe d’abord, à la lecture du livre, est l’enfantine rengaine qui sous-tend tout son discours à l’effet que la richesse, celle des entreprises comme celle des individus, est suspecte, illégitime et contre nature. Seule la richesse des gouvernements semble acceptable, et il en faudra beaucoup pour payer pour tout ce que Madame David veut. Or la logique de Madame David néglige de considérer que la richesse des gouvernenements vient de celle des individus et des entreprises, comme elle néglige de considérer qu’avant de dépenser de l’argent sur toutes sortes de programmes, aussi bien intentionnés qu’ils soient, il faut le gagner. C’est cette naïveté dans ce genre de discours que je trouve désolante, et la raison pour laquelle nous serons toujours mieux sans des gens comme ceux-là au pouvoir. Le peu de popularité que connaît son parti, Québec solidaire, prouve d’ailleurs l’intelligence des Québécois et démontre que ce genre de discours ne dupe pas grand-monde au Québec.

Madame David dit qu’elle veut une société « juste, égalitaire, solidaire » et croit que « l’économie est au service de notre vision du mond ». Inconscience ? Aveuglement ? Je ne sais pas. Mais je sais que quiconque croit que l’économie est au service de notre vision du monde accepte un dangereux raccourci et fait preuve d’une périlleuse incompréhension de la réalité. Les gouvernements ne font pas ce qu’ils veulent en matière économique. Parlez-en à Lucien Bouchard qui à l’époque avait dû se rendre d’urgence à New York plaider la cause du Québec pour éviter une baisse de sa cote de crédit. L’état moderne a certainement une marge de manoeuvre dans les décisions économiques qu’il prend, mais il doit aussi tenir compte du paysage économique dans lequel il évolue quand il prend des décisions. Bien sûr que le gouvernement québécois pourrait substantiellement augmenter ses taxes (le seul moyen de payer pour les rêves de Madame David), mais les entreprises et les citoyens risquent de voter avec leurs pieds, et quand ils le font, ce ne sont pas les plus pauvres qui quittent.

Les rêves irresponsables de Madame David risquent ainsi d’appauvrir les Québécois, et en cela ils sont dangereux. Elle dit vouloir insuffler au monde politique québécois une vision à long terme du Québec; peut-être, mais que vaut une vision à long terme quand elle mène à l’appauvrissement économique ?

Mais il n’y a pas que sur l’économie que Madame David se conte des histoires. Une des valeurs fondamentales qu’elle promeut est « l’égalité des droits et des chances ». Qu’est-ce que ça veut dire au juste ? Que les habitants des régions rurales et des régions urbaines doivent avoir à leur disposition le même nombre de cafés Second Cup, d’écoles, de restaurants, de centres d’aide, que les salaires des cadres soient limités pour ne pas trop dépasser ceux du personnel de soutien, qu’il faut empêcher les riches d’acheter des diamants et les obliger à donner leur argent aux plus démunis ? C’est de la fabulation dangereuse, dictatoriale. On a vu où ces idées ont mené le communisme et je ne vois pas trop de nations prêtes à se convertir à ce système politique. Les humains ne sont pas égaux en tous points. La Charte des droits des Nations Unies nous confère certes tous des droits communs, mais on ne peut pas inférer de là que nous sommes tous égaux et que nous avons les mêmes chances. Je préfère un monde qui permet à Bill Gates, à travers sa fondation, de dépenser plus pour combattre certaines maladies que tous les gouvernements de la planète réunis.

J’en ai aussi contre la manière dont Madame David utilise le mot « solidarité ». Le Robert contient plusieurs définitions du mot :

solidaire adj.

• 1462, repris 1611; du lat. jurid. in solidum (vx) « pour le tout »

1¨ Dr. Commun à plusieurs personnes, de manière que chacun réponde de tout. Obligation ou engagement solidaire. Responsabilité solidaire.
Par ext. (Personnes) Lié par un acte solidaire. Débiteurs solidaires.

2¨ Cour. Se dit de personnes qui répondent en commun l’une pour l’autre d’une même chose (Þ responsable); qui se sentent liées par une responsabilité et des intérêts communs. Être, rester solidaire de qqn, avec qqn. Se sentir solidaire de qqn. « En toute coopération, on est en quelque sorte dépendant de ses collaborateurs et solidaires avec eux » (Sainte-Beuve). « solidaire de tous et rejeté par chacun, […] je suis comme tout le monde » (Sartre).

3¨ Se dit de choses qui dépendent l’une de l’autre, vont, fonctionnent ensemble dans une action, un processus. Problèmes solidaires. « les manifestations de la vie mentale sont solidaires de l’état de l’encéphale » (Carrel).

4¨ (1861) Concret Se dit de pièces liées dans un même mouvement par contact direct, par engrenage ou par intermédiaire (entraînement, transmission). Bielle solidaire d’un vilebrequin. Pignons solidaires.

CONTR. Indépendant.

Dans toutes les définitions je retrouve le concept de réciprocité. La solidarité est partagée par tous les acteurs. Or celle de Madame David semble aller seulement d’une certaine saveur de gens vers les autres. Les riches doivent payer plus mais ceux qui travaillent au noir ne sont pas tenus de payer des impôts. Les entreprises publiques devraient être obligées d’accepter la syndicalisation de leur main-d’oeuvre mais elles doivent fournir plus d’argent au gouvernement pour payer pour les programmes de Madame David. Les employeurs devraient proposer des emplois « convenables » aux participants dans les programmes de réinsertion sociale mais rien sur ce que les participants pourraient faire aussi.

Il y a certes de belles choses dans le livre de Madame David, l’importance par exemple qu’elle accorde à l’action communautaire, mais tout cela est engoncé dans un ensemble indigeste dont l’infaisabilité le discrédite.

Lectures / Readings, Québec, Français
Luc Faubert at 11:49 am on Jeudi, mars 8, 2007 —

Livre : Le gai désespoir, André Comte-Sponville

Lire un livre, c’est un peu comme sortir dehors pour quelque temps, et puis rentrer chez soi. Dans notre maison, l’environnement nous est bien connu et les surprises peu fréquentes. Mais lorsque l’on met les pieds dehors, tout peut arriver. On ne sait jamais ce que l’on y trouvera ni comment ce que nous y trouverons nous transformera. Parfois il neige, parfois il pleut, parfois encore il vente ou il fait soleil. Tout cela nous change. Parfois, des choses vues dans le paysage nous transforment, et d’autres paysages nous laissent indifférents.

Il en est des livres comme d’un passage dehors, dans le paysage. Certains nous ragaillardissent, nous rendent de meilleurs humains. Il en est ainsi, pour moi en tout cas, de ce livre de Comte-Sponville. J’avais connu Comte-Sponville dans La plus belle histoire du bonheur, un livre que mon ami Marc Chabot m’avait recommandé, où Comte-Sponville est une de trois personnes à exprimer sa vision du bonheur. Les propos de Comte-Sponville sur le bonheur m’avait impressioné et cela m’avait donné le goût de lire autre chose de lui.

Le gai désespoir est un petit livre, une plaquette que l’on lit rapidement, mais qui frappe. Les Québécois disent que ça « fesse dans le dash ». Les propos de Comte-Sponville sont retranscrits de l’émission Noms de dieux d’Edmond Blattchen diffusée en 1993 sur la Radio télévision belge.

Le propos du livre est l’athéisme de Comte-Sponville, un athéisme qui a selon moi la grande qualité d’être très humain. Compte-Sponville, comme Spinoza, définit son athéisme comme « fidèle à l’esprit du Christ ».

J’aime l’implacable lucidité avec laquelle Comte-Sponville considère la vie sans Dieu :

Qu’est-ce que c’est qu’être athée ? C’est aimer la vérité en pensant que la vérité ne nous aime pas, et que n’avons pas à attendre qu’elle nous aime pour l’aimer ! On peut aussi renoncer à aimer la vérité, mais alors on n’est plus un intellectuel digne de ce nom; on n’est qu’un sophiste. On n’est même plus un homme digne de ce nom; on n’est qu’une brute ou un menteur.
p. 68

Et plus loin, sur le pari de la non-existence de Dieu :

C’est un pari, mais où l’on pense que l’on va perdre. C’est la formule de Sartre : « L’histoire de toute vie est l’histoire d’un échec. » Croire en Dieu, c’est croire que tout ira mieux, demain ou après-demain ; que, au fond, nous vivons dans le meilleur des mondes possibles et, surtout, qu’après la mort l’essentiel nous sera acquis.

Être athée, c’est le contraire. C’est penser que tout n’ira pas mieux demain, que rien ne nous est jamais acquis ni promis, enfin que toutes nos espérances ne débouchent au bout du compte que sur le néant. Ce n’est pas le plus facile ; mais, encore une fois, l’espérance, le confort ou la facilité ne sont pas des arguments. C’est ce que Clément Rosset appelle « la logique du pire » : prenons les choses au pire, mais aussi au plus probable, puisque, de ce Dieu prétendu, on ne connaît rien, de cette vie après la mort, on ne connaît rien ; ce que nous constatons, c’est la vie telle qu’elle est, et la mort telle qu’elle advient.

Et, face à ce pire, essayons de vivre le meilleur dont nous sommes capables. Essayons d’atteindre le bonheur le plus grand possible, essayons d’aimer autant que nous le pouvons, essayons d’agir autant que nous le pouvons !
p. 77

En somme :

On ne peut pas aimer ce qui est, tant qu’on interpose entre le réel et soi l’écran de nos rêves, l’écran de nos espérances. […] il s’agit d’espérer un peu moins, et d’aimer un peu plus.
p. 56

Il faut lire Le gai désespoir.

Lectures / Readings, Français
Luc Faubert at 10:49 am on Vendredi, mars 2, 2007 —

Livre : Ravir : les lieux, Hélène Dorion

C’est le dernier recueil de poésie de la poétesse québécoise Hélène Dorion. J’y ai préféré plusieurs de ses recueils précédents et conseillerais conséquemment aux lecteurs intéressés à mieux connaître l’oeuvre de Dorion Mondes fragiles choses frêles, la rétrospective 1983-2000 de son oeuvre parue récemment à l’Hexagone. On y trouve entre autres son incontournable Un visage appuyé contre le monde dont voici un échantillon :

Si le vent retient en lui la sensation du corps
si l’on meurt de ne jamais faire un avec le visible
s’il y a quelqu’un au bord des jours fragiles
qui trace quelque limite au chaos, à l’usure du monde
à l’ombre qui nous survit;

je ne sais pas encore

voyager dans l’étrangeté
d’un paysage, d’une rue, d’un continent
ou celle d’un visage dessiné par l’amour
et sa disparition.
p. 265

Lectures / Readings, Français
Luc Faubert at 11:53 am on Mardi, février 27, 2007 —

NGOs and corporations mate

The February 2007 Harvard Business Review publishes an article by Jeb Brugmann and C.K. Prahalad arguing that:

[…] companies and NGOs are increasingly going into business together, pursuing scale and profits, social equity, and empowerment as part of an integrated value chain.

Gouvernance d'entreprise / Corporate Governance, Lectures / Readings, English
Luc Faubert at 3:43 pm on Lundi, février 26, 2007 —

Book: The World is Flat, Thomas Friedman

The following quote probably best illustrates Friedman’s point of view:

Communism was a great system for making people equally poor. In fact, there was no better system in the world for that than communism. Capitalism made people unequally rich […]
p. 49

Friedman paints a world where companies compete worldwide, with rapidly falling classical barriers to entry like geography or culture, and muses on how this is impacting life in well-established developed countries like the U.S. He tells his girls:

Girls, when I was growing up, my parents used to say to me, ‘Tom, finish your dinner people in China and India are starving.’ My advice to you is: Girls, finish your homework people in China and India are starving for your jobs.
p. 237

Although Friedman resolutely prefers the opportunity and creative freedom that comes with globalization, he also cautions against blind elimination of all impediments to the free flow of services and capital:

[…] the debate about capitalism has been, from the very beginning, about which frictions, barriers, and boundaries are mere source of waste and inefficiency, and which are sources of identity and belonging that we should try to protect.
p. 204

He goes on describing the need for corporations and states to define where each of them fit in this new world, states representing the biggest source of friction and corporations pressuring them to eliminate these sources of friction.

Friedman’s thesis that the world is flat, although catchy, reductive and not very new, leads him to interesting conclusions nonetheless:

The ideal country in a flat world is the one with no natural resources, because countries with no natural resources tend to dig inside themselves.
p. 262

and, quoting Irving Wladawsky-Berger, an IBM computer scientist:

We need to think more seriously than ever about how we encourage people to focus on productive outcomes that advance and unite civilization peaceful imaginations that seek to minimize alienation and celebrate interdependence rather than self-sufficiency, inclusion rather than exclusion, openness, opportunity, and hope rather than limits, suspicion, and grievance.
p. 443

Livre : Petit cours d’autodéfense intellectuelle, Normand Baillargeon

Baillargeon présente dans ce livre un tour d’horizon des outils linguistiques et mathématiques de la pensée critique, en s’attardant, souvent avec humour, aux perversions utilisées dans l’art de la fourberie mentale. Suit une discussion honnête sur la science et ses limites, notamment celles de l’épistémologie, et une présentation des médias et des raisons pour lesquelles ils informent de moins en moins.

Un livre essentiel pour tous les jeunes, et qui serait bien utile à beaucoup d’adultes.

Lectures / Readings, Français
Luc Faubert at 5:45 pm on Dimanche, février 18, 2007 —

Livre : Dernier royaume, Pascal Quignard

Dernier Royaume est le titre de l’oeuvre magistrale entreprise par Pascal Quignard en 2002. Quignard a dit, au sujet de cette oeuvre, qu’il mourra en l’écrivant. Cinq tomes sont parus à ce jour : Les ombres errantes, Sur le jadis, Abîmes, Les Paradisiaques et Sordidissimes.

Dernier Royaume est un texte inclassable; je ne le classerai donc pas. Chaque tome est composé de chapitres qui font tantôt quelques lignes, tantôt quelques pages. C’est un texte dense dans lequel on entre, ou bien sans plus avoir le goût de le finir, ou bien avec un empressement d’en ressortir tout de suite. Moi, j’y suis bien. On doit déposer le livre souvent, penser à ce que l’on vient de lire et le laisser nous habiter tranquillement. Le texte de Quignard est frappant car il ne parle pas le language de tous les jours. Il parle le language du temps, qui est le sujet principal de l’oeuvre. Le temps et le language habitent tous les chapitres.

Les poissons sont de l’eau à l’état solide.
Les oiseaux sont du vent à l’état solide.
Les livres sont du silence à l’état solide.
Sur le jadis, p.40

Une réflexion fondamentale autour de laquelle Quignard fait beaucoup de chemin et qu’il examine dans tous les sens : « Seul le passé dure ». Quignard illustre combien le passé est vivant et se transforme en habitant les vivants.

Dernier Royaume est rempli de la culture ahurrissante de Quignard. Il repêche des histoires, des mots qui viennent des Grecs, des latins, des cultures orientales. L’oeuvre est une exploration incessante de tous les concepts qui permettent à Quignard de parler du temps et du language. Ici et là, de petites séquences contemporaines : une rencontre avec une femme, la description de l’odeur d’un linge encore humide qui vient d’être repassé, des expériences que Quignard a tenu à consigner dans ce grand voyage.

Lectures / Readings, Français
Luc Faubert at 5:08 pm on Lundi, février 12, 2007 —

Livre : La haine de la démocratie, Jacques Rancière

Ce livre terminé, je me suis dit que je n’avais rien compris de ce que l’auteur avait tenté de me dire. La centaine de pages que fait l’ouvrage m’a permis de remarquer que l’auteur utilisait la langue de bois des philosophes, que sa vision semblait compromise par trop de temps passé avec les marxistes et que les règles les plus élémentaires de la pédagogie lui sont inconnues. Espérons qu’il n’enseigne pas aux jeunes.

Lectures / Readings, Français
Luc Faubert at 2:00 pm on Dimanche, février 11, 2007 —
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