5 481 639 671 oubliés

Un article rédigé pour la revue Accès libre 

La diversité des projets participatifs présentés au récent forum d’ISOC Québec intitulé « L’internet participatif : conjuguer le futur au pluriel » a permis d’illustrer la nature tautologique de ce que nous appelons l’Internet participatif. La nature même de l’Internet est participative. L’interopérabilité que sous-tendent les normes techniques qui définissent l’Internet et les applications qu’on y a développées ont permis d’élaborer le plus formidable outil de collaboration et de participation que l’humanité ait connu.

Les archives des listes de distribution, la blogosphère et Wikipedia représentent quelques-unes des traces les plus parlantes du phénomène participatif auquel l’Internet a donné naissance. La magnificence de la chose va de soi, certes, mais l’élan qui pousse plusieurs à considérer — avec raison — l’Internet comme la plus importante réalisation technique de l’homme, les amène souvent — prématurément — à le considérer comme la source de changements sociétaux qui bouleversent l’humanité. Or pour le moment, seuls 16 % des humains peuvent être bouleversés, car 84 % de ces derniers n’ont pas accès à Internet.

Bien que la nature participative de l’Internet ne fasse pas de doute, en augmentant le niveau de technicité des outils participatifs que nous utilisons, nous avons aussi involontairement restreint leur utilisation à une petite proportion des humains; ceux qui savent lire et écrire et qui ont accès à l’Internet. Dans ce contexte, que vaut un outil réservé à 16 % de l’humanité ? Plutôt que de dénigrer l’importance de l’Internet qui est tout de même disponible à 68 % de la population nord-américaine, il s’agit, donné que nous ayons à cœur de permettre à la totalité de la population humaine d’utiliser l’Internet, de trouver les moyens pour que les 5 481 639 671 humains qui n’y ont pas encore accès puissent s’y brancher, et comment permettre aux analphabètes de participer avec les autres. Il reste du pain sur la planche.

Gouvernance d'Internet / Internet governance, Français
Luc Faubert at 3:56 pm on Dimanche, mars 12, 2006 —

Les deux solitudes québécoises

En 1945 Hugh McLennan, l’auteur canadien du roman Two solitudes, comptait deux solitudes au Canada. Le débat court quant à combien de solitudes le Canada compte aujourd’hui, mais je voudrais parler de deux solitudes québécoises : les souverainistes et les fédéralistes. Ces deux visions apparaissent irréconciliables et leur confrontation silencieuse est la source d’un important dysfonctionnement de la société québécoise.

Pour avancer, une société, tout comme un être humain, doit posséder aussi bien une définition d’elle-même, de son présent, qu’une image de ses rêves, des utopies qu’elle porte. Les utopies d’une société sont un paramètre incontournable de son identité et celles du Québec sont d’autant plus importantes aujourd’hui que le tissu social de notre société est difficile à définir, notamment à cause de l’effritement identitaire causé par l’égocentrisme individualisant des citoyens et par une proportion croissante de la population constituée d’immigrants mal ou pas intégrés à notre société.

Quand il s’agit de répondre à la question « Où doit aller le Québec ? », souverainistes et fédéralistes québécois sont radicalement opposés. Nous portons deux rêves, deux ensembles de valeurs, deux visions, deux agendas résoluments antagonistes. Cette disparité mine notre processus identitaire. « Le Québec », dans ce contexte, ne veut plus dire grand-chose.

Les Québécois ne savent pas où il veulent aller parce qu’ils sont divisés en deux factions qui envisagent des directions opposées. Bien que nos différends sur les questions des tarifs de l’électricité, de la gestion des garderies et du remboursement de la dette puissent trouver solutions dans le cadre du processus démocratique, celle du statut constitutionnel du Québec ne peut pas se résoudre dans ce contexte. Nous avons tenté deux fois de le faire sans y trouver réponse et rien ne permet de croire que des tentatives additionnelles auront plus de succès.

Nous sommes condamnés à nous entendre autrement si nous voulons parvenir un jour à une vision commune du Québec que nous souhaitons bâtir. Nous nous causons un tort qui relève du masochisme en permettant à cette déchirure improductive de perdurer.

Le projet souverainiste a eu 40 ans pour faire ses preuves et force est de constater, en 2006, qu’il ne ralliera jamais la population québécoise. Il est temps pour ses tenants de dire : « Voilà. Ça a été un beau rêve, nous nous y sommes investis et plusieurs y ont cru, mais nous n’avons pas réussi à le vendre à assez de Québécois. Rangeons notre projet. Résignons-nous au fédéralisme pour le bien du Québec. Le futur de la société québécoise compte plus que le projet souverainiste. »

Les souverainistes auront-ils cette magnanimité ?

Québec, Français
Luc Faubert at 3:47 pm on Dimanche, mars 12, 2006 —

After the Universal Declaration of Human Rights, the Charter of Human Responsibilities

The proper thing to do after writing the Universal Declaration of Human Rights was to write the Charter of Human Responsibilities. The Foundation for future generations took care of it. 

Gouvernance mondiale / World Governance, English
Luc Faubert at 8:33 pm on Jeudi, mars 2, 2006 —

Après la Charte des droits de l’homme, celle de ses responsabilités

Voici le pendant de la Charte des droits de l’homme, la Charte des responsabilité humaines produite par la Fondation pour les générations futures.

Gouvernance mondiale / World Governance, Français
Luc Faubert at 8:17 pm on Jeudi, mars 2, 2006 —